Le combat pour la condition animale se focalise souvent, à raison, sur la souffrance infligée inutilement aux animaux. Toutefois, il est rare de voir le système a l’origine de ces souffrances inutiles pointé du doigt. C’est d’autant plus dommage que les animaux n’en sont pas les seules victimes.

Cliquer pour ouvrir un diaporama.

Car il existe une demande pour un bien, et que ce bien peut être obtenu à moindre prix via des procédés limites éthiques voire complètement illégaux, les producteurs vont s’arroger toute légitimité à produire, quoi qu’il en coûte, pour satisfaire le consommateur bien sûr. »Quoi qu’il en coûte » peut se traduire par de la souffrance animale légale, de la souffrance humaine illégale et de plus en plus, de la souffrance humaine légale et malheureusement considérée comme légitime par de plus en plus de monde…

Si l’on en croit les producteurs, le consommateur ne veut que obtenir son bien au meilleur prix. Et puisque c’est lui (le consommateur) qui le demande, il sera servi. Tant qu’il achète, il valide (ou du moins c’est que prétendent les théories économiques standards). Toutefois, épargnons lui les détails de production pouvant lui faire douter de ses choix de consommation…

Ces « détails » portent bien sûr sur les productions d’origines animales : les conditions d’élevage des animaux, mais aussi les dérives dans l’abattage, le transport, les soins (quand il y en a). Ils portent également sur les « secrets de production » : que fait-on des sous « produits animaux de catégorie 3 » (le sang, les organes internes, les os et) ?

Toutefois, les animaux ne sont pas les seuls à souffrir de ce système de production dominé par les détenteurs de capitaux. Ainsi, au 19ème siècle, aux prémices de la révolution industrielle le droit du travail n’existait pas. Il n’était pas rare de voir des salariés enchaînés à leur poste, travaillant pour un salaire théorisé par les penseurs économistes de l’époque comme devant assurer sa survie et celle de sa famille, mais pas plus (afin d' »assurer la reproduction de la force de travail » mais de ne pas laisser les pauvres s’enrichir au risque de les voir se multiplier). L’absence totale de droit du travail légalisait tous les excès dans les mauvais traitements des salariés. Encore aujourd’hui, de nombreux marchés reposent sur les économies de coûts de production, faites au détriment des travailleurs : le travail d’enfants en usine textile en Asie du sud-est en est un des meilleurs exemples. Dans de nombreux pays l’esclavage existe encore, sous des formes « modernes » bien sûr (en France entre autre, pour des activités domestiques à moindre coût, mais également dans le reste du monde à plus grande échelle, notamment dans des exploitations agricoles peu contrôlées. Une grosse partie du travail des enfants concernent aussi du travail gratuit en remboursement des dettes des parents, apparentant leur activité à de l’esclavage moderne).

En occident et en France, toujours au nom d’économie de coûts de production, les exigences productivistes pesant sur les salariés explosent, particulièrement dans les activités à faible valeur ajouté. Le travail, même ordinaire, devient de plus en plus source de souffrance (morale pour les cadres, ou physique pour les employés/ ouvriers). Le marché des études conditions de travail était en expansion depuis sa création ; témoignant de l’importance relative des questionnements sur le bon traitement des salariés (et pas seulement depuis l’affaire des suicides EDF). Pourtant, les réformes actuelles prévoient de réduire mécaniquement ces recours et de « simplifier le code du travail » (comprendre « précariser l’emploi »). En attendant, les inégalités sociales par le travail s’accentuent. Aujourd’hui, un ouvrier a 2,6 fois plus de chance de finir handicapé qu’un cadre (source INSEE). Les inégalités de revenus s’accentuent également. Entre 2008 et 2012, le niveau de vie moyen annuel des 10 % les plus riches a augmenté de 450 euros, alors que celui des 10 % les plus pauvres a baissé de 540 euros (voir l’article de l’Observatoire des Inégalités 2008-2012 : inégalités en hausse, revenus en baisse pour les plus modestes). Et la situation s’est probablement dégradée depuis 2012 du fait de la progression du chômage. On passe d’un régime de richesse produite mal partagées à un régime de concentration des richesses vers les riches au détriment des plus pauvres.

Il est difficile de se battre contre l’exploitation des animaux sans s’attaquer au moteur même de l’exploitation elle-même. Or, il s’attaque à nous tous, humains et animaux confondus…
Seulement, ce moteur n’est autre qu’une idéologie, d’origine humaine, diriger contre le vivant (ressource naturelle, animaux, autres humains) au profit d’une minorité.

A bientôt sur Vgppl !

Publicités